{SOCIETE PAR ERIC JL BRETON - L\'EUTHANASIE PAR ERIC JL BRETON}

Vendredi 14 février 2003 * L'EUTHANASIE

 

OPINION SUR L'EUTHANASIE

Des schizophrènes auraient demandé à mourir, parcequ'ils étaient soi-disant malades, une entreprise suisse et des médecins se sont proposés pour accomplir leurs rêves, ils les ont aidé à se suicider .

Le problème c'est que non seulement, la schizophrénie se soigne et est surtout mal interprétée, mais pire, beaucoup de médecins et de personnes influentes se permettent de cataloguer de schizophrenes, toutes personnes qui pourraient les gêner ou éventuellement,  qu'ils ne comprennent pas...

C'est bien ce que je craignais, en légalisant l'euthanasie et la mort assistée, tous les abus sont possibles .Nombreuses personnes peuvent dire n'importe quoi ou faire des faux, et assasiner une personne gênante...Une véritable honte et un scandale .Je le répète il existe des tas de gens qui sont incarcérés par la force et drogués .Ces médicaments les poussent au suicide et les rendent malades, pour qu'ils deviennent dépendants des maladies et les esclaves d'une économie malsaine et criminelle...

Reportage


Polémique en Suisse autour d'une association qui offre la mort aux candidats au suicide

Selon la loi helvétique, l'assistance au suicide "sans motif égoïste" n'est pas condamnable
Atteinte de sclérose en plaques, Marlene a décidé de choisir l'heure de sa mort. L'article 115 du code pénal suisse stipule que l'aide au suicide "sans motifs égoïstes" n'est pas condamnable.

Genève, zurich de notre envoyée spéciale

Marlene L. veut mourir. Si elle vit encore, c'est parce qu'elle sait qu'elle peut mourir. Elle peut choisir le moment, demain... ou dans quelques mois, quand elle ne pourra plus marcher jusqu'à la porte pour l'ouvrir.

On sonne. Marlene met un peu de temps à nous ouvrir la porte de son appartement à Plan-les-Ouates, dans la banlieue de Genève. Mais elle tient à nous recevoir pour défendre son droit de mourir "dignement". Grande et élégante, elle ne fait pas ses 65 ans. Elle en avait 57 lorsqu'elle a pris sa décision. Le jour où on lui a annoncé le diagnostic de sclérose en plaques. Elle a passé beaucoup de temps à chercher un pont pour se jeter, un arbre pour y fracasser sa voiture. Pas évident.

Grande lectrice, Marlene a de plus en plus de mal à lire, alors elle regarde parfois, distraitement, la télévision. C'est à la télévision qu'elle voit, il y a un peu plus de deux ans, une émission sur Dignitas, une association pour le suicide assisté. Elle prend tout de suite son téléphone et devient membre : "Si je suis toujours vivante, dit-elle, c'est à cause de Dignitas. Je sais qu'à n'importe quel moment je peux appeler mon amie, mon ange, Erika et qu'elle sera là dans les heures qui suivent..."

Depuis deux ans, Erika, une "accompagnatrice" de Dignitas, aide Marlene à vivre, et elle l'aidera à mourir. Le problème, dit-elle, les yeux pleins de larmes, "c'est mon fils, Michel, il ne veut pas entendre parler de ma décision. C'est dur, vous savez, de laisser ceux que l'on aime".

Lui arrive-t-il parfois d'hésiter ? Son regard bleu se durcit : "Ma décision est prise, ce n'est pas un caprice." Elle se calme, et jette un très beau sourire : "Si je vous reçois aujourd'hui, c'est parce que je veux que tout le monde sache que Dignitas existe, je veux qu'ils sachent qu'ils ont le choix de partir s'ils le souhaitent et de le faire dignement."

Ludwig Minelli en a fait sa mission. Il a créé, le 17 mai 1998 à Zurich, une association dont la devise est : "Vivre dignement, mourir dignement". Dignitas a désormais plus de 2 200 adhérents, soit 150 % de plus qu'en 2002. Pour une cotisation de 25 francs suisses, ils peuvent demander son aide pour mettre fin à leurs souffrances avec 15 grammes de penthiobarbital de sodium, qu'ils doivent boire eux-mêmes.

En matière de suicide assisté, la Suisse est un îlot juridique. L'article 115 du code pénal suisse stipule que l'aide au suicide "sans motifs égoïstes" n'est pas condamnable. Dignitas agit donc, "presque", dans la légalité. Presque, car elle a poussé la pratique un pas de plus en acceptant d'aider aussi des étrangers à mettre fin à leurs jours. Plus de 80 % des adhérents de Dignitas sont d'ailleurs originaires d'un autre pays que la Suisse.

Un procureur zurichois redoute que les pratiques de Dignitas n'amènent à Zurich un "tourisme de la mort". Dignitas profite, dit Andréas Brunner, "des zones grises de la loi suisse", mais il n'a pas engagé de procédure juridique contre l'association.

Il n'y a pas de plaque indiquant le siège de Dignitas à Scheuren, dans la campagne zurichoise. "Je ne veux surtout pas que les gens arrivent chez moi sans rendez-vous", explique le maître des lieux, Ludwig Minelli. Il conteste les arguments du procureur. "Quand je vois quelqu'un en train de se noyer, je l'aide, je ne regarde pas son passeport." Ce qu'il regrette est que les gens "ne puissent pas finir leurs jours – s'ils en ont envie – chez eux, dans leur maison et qu'ils doivent se déplacer à Zurich".

PROBLÈMES JURIDIQUES

L'"appartement" au 84 Gertrudstrasse n'est pas loin de la gare. Il est petit et un peu triste, mais pas trop. Il y a une pièce et une cuisine. L'ambiance y est assez intime, mais pas somptueuse. Il est meublé avec deux lits, une table ronde et quatre chaises. Trois toiles ornent les murs. M. Minelli vient d'y ajouter une machine à café, et le frigo est toujours plein de champagne. "La présence des proches est très importante pour aider les gens à accepter le décès, quand le client peut prendre congé de ses proches, la mort est plus paisible, plus digne", dit M. Minelli. Et qui sont ces "clients"? "Ce sont des gens dans la même situation que ceux qui se sont jetés des Twin Towers le 11 septembre 2001, ceux qui n'ont pas d'autre choix..."

Pas seulement. Ludwig Minelli est prêt à aider quiconque souhaite mourir "s'il est sérieux, et s'il peut trouver un médecin qui lui écrit l'ordonnance". Cela pose parfois des problèmes juridiques. C'est le cas d'un médecin qui a accepté de donner une ordonnance à un frère et une sœur de 29 et 32 ans, tous les deux schizophrènes depuis l'âge de 15 ans, qui sont morts, côte à côte, dans l'appartement de Gertrudstrasse. "Oui, le médecin a des problèmes ; c'est un défi d'accepter d'aider des gens qui ne veulent vraiment plus vivre." Ludwig Minelli est déterminé : "Je prends des risques car je crois fermement que chaque individu a le droit de mettre fin à ses jours et l'Etat doit accepter cette décision. Les gens l'ont compris, l'Etat pas." En France, plus de 88 % des personnes sont pour le suicide assisté, 9 % sont contre.

"Les gens qui nous critiquent, dit-il, ne savent pas de quoi ils parlent. Ce frère et sa sœur étaient vraiment décidés à mettre fin à leurs jours ; alors, si on ne les avait pas aidés, ils auraient tenté encore et encore de se débrouiller tout seuls." Il cite des statistiques : sur 50 tentatives de suicide, il n'y a qu'un seul succès "et donc 49 échecs, et quand on sait qu'il y a, par année, 67 000 tentatives de suicide rien qu'en Suisse, cela veut dire que plus de 60 000 ont échoué, ce qui coûte plus de 3,3 milliards de francs en frais de guérison à l'Etat".

Marlene a de la chance, elle est suisse. Nul besoin de se déplacer à Gertrudstrasse. Quand elle ne pourra plus ouvrir sa porte, elle appellera Erika, qui viendra chez elle. Elles passeront un moment ensemble, le temps qu'il faudra. "Elle est devenue une vraie amie pour moi", dit Marlene. Erika lui donnera un médicament contre le vomissement – le barbiturique dilué dans l'eau est très amer. Elles attendront une demi-heure, puis Marlene avalera le poison.

Afsané Bassir Pour


"Avec le feu vert d'un médecin"

Que doit faire le candidat au suicide assisté ? Comme l'explique le créateur de l'association Dignitas, Ludwig Minelli, "il doit nous envoyer une lettre décrivant ses souffrances, fournir des documents médicaux avec le diagnostic établi et les thérapies envisageables, puis voir si un de nos médecins accepte de lui écrire une ordonnance. Avec le feu vert du médecin, c'est lui qui choisit le moment de se rendre à l'appartement et... de passer à l'acte".

Le dernier acte, c'est l'adhérent qui doit "impérativement" le faire lui-même. Il doit pouvoir tenir le verre, avaler le poison ou "au moins" tourner le robinet d'une perfusion, sinon Dignitas ne peut pas l'aider – "cela serait illégal". Le candidat doit aussi signer une "déclaration de suicide".

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 08.02.03

ericjeanloicbreton, 2003-02-14 12:43:39
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